Nombreux sont ceux qui, dans l’opinion publique, confondent Compagnonnage et Franc-Maçonnerie. Encore plus nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la vie d’une Confrérie.

Essayons d’éviter les amalgames ! … Même si des spécialistes consentent à écrire, à l’exemple de jean BERNARD dit la Fidélité d’Argenteuil (compagnonnage, juillet 1976), « bien entendu, la Franc-Maçonnerie a emprunté au Compagnonnage ». Ces deux institutions sont fondamentalement différentes et radicalement distinctes.

Si les origines des compagnonnages sont inconnues, les Confréries ouvrières du Moyen-Age semblent avoir été le cadre idéal pour le regroupement  d’ouvriers et d’artisans animés par un idéal commun. Ces artisans, venus de leur campagne (maçons de la Creuse) dans les villes pour y réaliser, dès le XIIème siècle, les grands chantiers religieux, ont éprouvé le besoin de se regrouper en « frairies » ou « confréries ». Le terme « frairie » persiste en Charente-Maritime pour désigner la fête patronale du village. 

Qu’en-est-il des Confréries ?… Comme l’étymologie l’indique, « une Confrérie est une assemblée de frères ». Leur origine légendaire les ferait « remonter » à la tour de Babel, lorsque les hommes voulurent s’unir pour échapper à un nouveau déluge !… Les Confréries sont attestées dans l’antiquité hébraïque et romaine.

y-a-t-il eu des liens entre corporations et confréries ? Il est souvent difficile de départager au cours de l’histoire des deux types d’associations.

Chacun honorait un saint (Saint Antoine pour notre confrérie) et avait un but pieux. La Confrérie, cependant, n’avait généralement aucun rôle dans l’exercice d’un métier contrairement à la corporation.

 Les buts de ces Confréries étaient multiples. Ce serait une erreur que de s’arrêter à leur seule dimension caritative. Elles ont joué un rôle économique et social particulièrement aux XVème et XVIIème siècles. Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer les rapports entre Templiers et Compagnons. Il reste que les Templiers ont officiellement disparu (1312-1314) avant les premières attestations incontestables d’un compagnonnage organisé. Au début du XVIIème siècle, des gentilshommes français décident de se vouer à la protection des pèlerins et des lieux saints de Jérusalem. Le roi Baudouin II les installa dans une annexe du temple, d’où leur nom.

L’ordre des Templiers comprenait trois classes : les Chevaliers qui constituaient les cadres et qui étaient assistés par des écuyers, des chapelains, c’est-à-dire des aumôniers, les sergents, les hommes de troupes.

Le compagnonnage n’est pas à proprement parlé symboliste comme l’est la Franc-Maçonnerie, c’est pourquoi le terme d’emblème a souvent été préféré à celui de symbole. Il nous reste quelques uns de ces emblèmes ou insignes :

-         La Bannière : mot dérivé de BAN. Dans beaucoup de villes du nord, on trouve des confréries appelées « bannières » alors que dans le midi, ce sont des « charités » (Naudon 1964). Toutes les Confréries avaient leur bannière.

-         Le Chapeau eut traditionnellement un double sens : protecteur et médiateur chez les compagnons du devoir.

-         Le diplôme : le compagnon pouvait recevoir, aux différents stades de son parcours initiatique, des documents que l’on appelait brevets, certificats ou diplômes.

-         La Hiérarchie : à la tête de l’ordre était élu un grand-maître, assisté d’un sénéchal. Les biens de l’ordre étaient gérés par des casaliers.

-         Le Parrain : dans toute société initiatique, il existe un parrain, appelé parfois proposant (en franc-maçonnerie) puisqu’il « propose » le candidat.

-         La Réception : désigne l’intégration définitive d’un compagnon à la société, après l’adoption.

-         Le serment : la prestation de serment est chose très ancienne, dès qu’il s’agit de sceller un accord entre deux parties, contracter une alliance (cf. livre des métiers par Etienne Boileau au XIIIème siècle).

-         L’Uniforme : comme signe distinctif, les Chevaliers portaient un ample manteau blanc timbré d’une croix rouge à huit pointes.